Métropoles

Une métropole est une importante agglomération urbaine, un lieu de concentration de pouvoirs et de services, un théâtre d'enjeux. Elle exerce un pouvoir d'attraction sur la région environnante et même sur l'ensemble du territoire national. Aujourd'hui, le pouvoir des métropoles devient de plus en plus important, ce qui entraîne des répercussions à l'échelle planétaire.

Le programme de formation de l'école québécoise, Enseignement secondaire, premier cycle, page 318.

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L'angle d'entrée

« Les villes devraient être bâties à la campagne : l'air y est tellement plus pur! ».
Henri Monnier

 


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Toutes les villes, petites ou grandes, sont par définition des centres où se concentrent plusieurs services qui desservent un territoire : services administratifs, services éducatifs, services de santé, infrastructures culturelles, etc. Plus la ville est grande, plus la concentration et la diversité de ses services sont importantes, et plus le territoire qu'elle dessert est étendu. À quel moment dira-t-on qu'une de ces grandes villes devient une métropole? À partir de quels critères?

 

Qu'est-ce qu'une métropole?

Ce qui caractérise une métropole par rapport aux autres grandes villes, c'est surtout les pouvoirs qui s'y concentrent. Pouvoirs qui lui sont conférés de par la taille de sa population, nettement supérieure à celle des autres grandes villes de son territoire régional d'influence. La métropole concentrera donc non seulement les services, mais aussi les pouvoirs qui s'y rattachent et qui touchent à l'économie, à la politique, aux services sociaux et à la culture.

Ainsi, dans le cas du Québec, même si les pouvoirs politiques sont concentrés dans la ville de Québec, le pouvoir réel revient souvent à Montréal à cause de son poids démographique. Qu'est-ce que cette concentration de population, de pouvoirs et de services implique pour les habitants d'une métropole? Est-ce plus difficile de se loger? L'accès aux services est-il réellement facilité, compte tenu des problèmes de déplacement dans des centres ville très fréquentés? Des enjeux qui sont souvent fort complexes…

Échelles d'influence

Les métropoles du monde sont-elles toutes de même importance? Une métropole existe d'abord par rapport à un territoire régional qui lui est propre et sur lequel elle exerce un pouvoir immédiat. Cependant, elle existe aussi à l'intérieur de réseaux national et mondial de métropoles, dans lesquels son pouvoir d'attraction s'exerce à différents degrés. Les géographes utilisent même l'image de l'archipel pour évoquer le réseau des grandes métropoles du monde. Dans quelle mesure une métropole exerce-t-elle un pouvoir d'attraction sur sa région, sur son pays, ou même sur le reste de la planète?

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Pour en savoir plus sur les grandes métropoles : Métropoles en mouvement

Les concepts

Les concepts liés au territoire urbain et aux métropoles

Ces définitions s'adressent d'abord aux enseignants

Le territoire urbain
Les métropoles

Aménagement

Aménager un territoire, c'est organiser et rééquilibrer un espace afin de le rendre plus cohérent et de le mettre en valeur selon des objectifs prévus. En géographie, l'aménagement d'un territoire est un acte planifié qui répond à diverses motivations et qui doit prendre en compte les différentes échelles de l'espace. Dans les faits, toutefois, cette vision globale ou holistique de l'espace fait souvent défaut aux aménageurs. Autrement dit, ce n'est pas parce qu'on prétend aménager le territoire qu'on fait du bon travail.

Le géographe Sylvain Lefebvre, professeur à l'UQAM, résume la teneur fondamentale du concept de l'aménagement en géographie en écrivant : « Aménager le territoire est un acte qui répond à des besoins d'organisation, de répartition, d'équilibre, de développement et de contrôle des populations, des fonctions et des ressources ».

Source : Lefebvre, S., Aménagement et planification territoriale, notes de cours GEO8291, Université du Québec à Montréal, 2000.

Banlieue

Espace urbain constitué par les municipalités environnant une ville-centre et qui y aura éventuellement été physiquement rattaché par l'extension de l'urbanisation. Les banlieues s'inscrivent donc dans une trame urbaine continue par rapport à une ville-centre, tout en conservant leur autonomie politique. L'espace constitué par la ville-centre et sa banlieue est appelé l'agglomération urbaine.


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C'est un terme qui demeure très large. Il existe en effet plusieurs types de banlieues qui sont distingués selon diverses caractéristiques : l'éloignement du centre, la vocation, le type de planification et d'aménagement, etc. Également, le terme banlieue évoque un espace différent selon les cultures. Pour un Montréalais, la banlieue suggère surtout des quartiers résidentiels dont les maisons unifamiliales sont habitées par la classe moyenne. En France, le terme banlieue désigne des zones résidentielles pauvres caractérisées par de grands immeubles d'habitations à loyer modique , souvent habités par la population immigrante. Parce que les bidonvilles sud-américains sont aussi des banlieues au sens propre, nous préféreront généralement le terme périphérie pour désigner les ceintures d'extension d'une ville-centre.

Concentration

Phénomène de regroupement en densité très forte de la population ou encore de certaines fonctions de gestion d'un territoire en un nœud ou un centre donné. On pense par exemple aux grandes villes dites macrocéphales, telles que Paris en France (Paris et le désert français). Les grandes métropoles sont par définition des lieux de concentration des populations, des activités et des services.

 

 

Densité

La densité brute, la plus commune, est le résultat de la division du nombre d'individus qui habitent un territoire donné par sa superficie. Dans les cas particuliers de territoires très inégalement peuplés (comme celui du Canada, par exemple) il est toutefois plus juste d'utiliser la densité nette, obtenue en calculant le nombre d'habitants pour la superficie réellement habitée d'un territoire. Dans les deux cas, on parle généralement de nombre d'habitants par kilomètre carré (km2).

À titre d'exemple, les zones rurales canadiennes ont une densité de moins de 10 habitants au km ², contrairement aux centres des grandes villes qui peuvent atteindre des densités de plus de 50 000 habitants par km².

Étalement urbain

Phénomène de l'extension continue des espaces périurbains au détriment des espaces ruraux. Surtout observable en Amérique du Nord, ce phénomène est favorisé par le développement des réseaux routiers et l'usage de l'automobile. Il est surtout caractérisé par une plus faible densité de ses fonctions urbaines (la ville s'étale au lieu de concentrer ses fonctions, ce qui est normalement le propre d'une ville).

Urbanisation

Processus par lequel un espace rural devient urbain, suite à l'accroissement de la population d'une ville et/ou à l'étalement urbain. Ce processus peut être planifié ou spontané.

Métropole

Selon le Dictionnaire de la Géographie, le terme métropole fait parti d'un concept plus global lié aux hiérarchies urbaines.

Ainsi, « la ville constitue une réalité diffuse derrière laquelle se cachent de grandes disparités. Les hiérarchies urbaines sont complexes : il existe de nombreux intermédiaires entre les grandes villes et les cités minuscules. Les plus grandes villes sont les mégalopoles (ou macropoles) En prenant pour base le seuil de huit millions d'habitants, 22 à 25 agglomérations géantes peuvent, aujourd'hui, être considérées comme des mégalopoles.

Ces cités sont parfois intégrées dans des mégalopoles et sont toutes des métropoles, c'est-à-dire des lieux de commandement de vastes espaces. Ce sont également très souvent des capitales (ville où siège le gouvernement d'un État) »

Source : Baud, P., S. Bourgeat, et C. Bras, Dictionnaire de la Géographie, Hatier, 1997.

Si on se réfère à l'histoire étymologique du terme métropole, on arrive à la définition suivante tirée du Dictionnaire historique de la langue française du Robert : « Métropole est un nom d'emprunt (XIIIe - XIVe siècles) au bas latin metropolis, capitale d'une province (IVe siècle), ville d'un siège épiscopal (avant 420) et métropolite (VIe siècle). Le latin est pris au grec mêtropolis littéralement ville-mère, de mêtêr, métros- mère de la même racine que le latin mater - mère et polis - ville, police, politique. Mêtropolis a pris la valeur de ville qui a fondé ou colonisé d'autres villes et ville principale, capitale. Le mot a été introduit en administration religieuse avec le sens de ville ayant un siège épiscopal (…). Depuis 1701, métropole désigne une grande ville de province, quelquefois avec le sens figuré de centre le plus important de […] Il désigne aussi l'État considéré par rapport avec ses colonies (1748, Montesquieu) à des territoires extérieurs (on recourt parfois à son équivalent mère patrie) ».

Selon Le Petit Druide des synonymes, une des entrées pour métropole est « ville et sa banlieue, agglomération, communauté urbaine, conurbation, district urbain, mégalopole, zone urbaine ».

Bidonville

Les bidonvilles sont associés aux espaces périphériques (banlieue). Voici la description que l'on fait du concept dans le Dictionnaire de la Géographie : « Dans le tiers-monde, les espaces périphériques sont parfois des sites occupés par des bidonvilles. Ce sont des espaces défavorisés dont les habitations sont construites à partir des matériaux de récupération. Ils prennent des noms très variés selon les pays : asentamientos ou cantegriles en Amérique latine, favelas au Brésil, barriadas au Pérou, slums ou bustees en Inde, djebels ou gourbis au Maghreb. Ils forment des zones d'habitat spontané ou zones d'habitat sous-intégré. À noter que les bidonvilles les plus anciens finissent souvent par ressembler à de véritables quartiers en connaissant un processus de consolidation qui s'effectue grâce à l'enracinement de certains de leurs occupants qui, ayant par exemple trouvé un travail, ne souhaitent plus quitter les lieux mais cherchent plutôt à les valoriser ».

Tirée du Dictionnaire historique de la langue française du Robert , la définition suivante donne une idée de l'origine de ce concept : « Bidon au sens concret, en se soudant à ville a donné bidonville employé d'abord (1953) en parlant des agglomérations de fortune au Maroc. Ce composé a pu utiliser le sémantisme lié au nom propre Bidon V (cinq) donné dans les années 1930 à une étape saharienne. Ce mot, chargé d'une signification sociologique et politique très dense, signifie groupement misérable et insalubre d'habitations de fortune souvent à la périphérie ou dans certains quartiers de grande ville ».

Croissance

Selon le Dictionnaire de la Géographie, le terme croissance est : « l'augmentation soutenue et durable de la production industrielle, des investissements, des revenus et de la consommation [ …] La croissance n'est pas seulement économique et s'accompagne de changements sociaux et spatiaux. Elle suppose bien des mutations structurelles importantes qui en font parfois un préalable au développement ». Dans les cas de l'angle d'entrée et du concept central, il faut associer la croissance à une augmentation de la superficie des villes liée à la croissance démographique et à l'augmentation des activités socio-économiques entraînant ainsi des changements spatiaux.

Multiethnicité

Dans le Dictionnaire historique de la langue française du Robert, le mot désigne « un ensemble d'individus qui ont et partagent un certain nombre de caractères de civilisation, notamment linguistiques ». Bien que la multiethnicité ne soit pas qu'un phénomène urbain, 88 % des immigrants vivaient en ville plutôt qu'à la campagne en 1996 au Canada. De plus, les groupes ethniques ont tendance à se concentrer géographiquement dans quelques quartiers. Le quartier chinois de Montréal illustre bien ce phénomène.

Cette diversité ethnique se manifeste dans une métropole aux niveaux des choix alimentaires, vestimentaires, musicaux, de divertissements, etc. Elle peut aussi amener des phénomènes d'exclusion.

Le visage multiethnique de Montréal
http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=1638,1989609&_dad=portal&_schema=PORTAL

Déséquilibre

Le concept de déséquilibre peut être vu sous l'angle du niveau de développement. Dans les grandes villes des pays du monde occidental ou des pays en voie de développement, les plus riches de ce monde côtoient les plus pauvres. Manhattan et Harlem sont de bons exemples à New York. Dans les pays en voie de développement, la population des bidonvilles représente parfois de 30 à 90% de la population urbaine et on y vit des problèmes d'approvisionnement en eau et en énergie. Dans ces pays, l'écart entre riches et pauvres est encore plus marqué.

Le déséquilibre peut être aussi abordé sous l'angle de la concentration de la population sur un territoire donné. Au Québec, la moitié de la population vit dans la grande région de Montréal. La métropole étant le cœur économique, social et culturel du pays, le pouvoir politique y concentre souvent ses efforts et ses actions au détriment des régions.

 

Territoire à l'étude : Montréal - Compétence 1

Lire l'organisation de Montréal

Portrait du territoire

Une métropole francophone en Amérique

Métropole québécoise, Montréal concentre près de la moitié de la population de la province dans son agglomération urbaine, qui compte 3,7 millions d'habitants. À elle seule, la nouvelle ville de Montréal regroupe 1,6 millions d'habitants, soit presque toute la population de l'île de Montréal. Seconde métropole canadienne, Montréal n'est devancée que par Toronto, qui compte plus de 5,5 millions d'habitants. Au Canada, seules Vancouver et Calgary sont aussi des métropoles de plus d'un million d'habitants.

Profil de la population
Ce sont les banlieues éloignées du centre de Montréal qui connaissent la croissance démographique la plus forte. En effet, depuis les 10 dernières années, la population de la ville de Montréal même n'a que très légèrement augmentée, la faible natalité de 1,1 enfant par famille se trouvant comblée par l'immigration. Montréal est par conséquent une ville au visage multiculturel très diversifié, avec une population comptant 28 % d'immigrants (ce pourcentage chute à 18 % lorsqu'il est question de la population totale de l'agglomération urbaine). Sur l'île de Montréal, l'Italie, Haïti, la France et la Chine sont les pays d'origines les plus fréquents des personnes immigrantes.

Montréal est une ville majoritairement francophone quant à la langue maternelle des habitants. Les anglophones forment 17% de la population, tandis que près de 30% des Montréalais ont une langue maternelle autre que le français ou l'anglais. Toutefois, dans la vie de tous les jours, 23% des Montréalais utilisent plutôt l'anglais.

Le centre-ville de Montréal
Télé-Québec
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Christian De Grandmaison / Le Québec en images / 20123

L'économie montréalaise
Les industries de fabrication, le commerce de détail, la santé et les services professionnels scientifiques et techniques constituent les secteurs économiques qui emploient le plus de personnes à Montréal. Le revenu personnel par habitant, qui avoisine les 29 000$, y est légèrement plus élevé que la moyenne québécoise. Le taux de chômage est d'environ 10%.

Une île, un fleuve, une ville...
Montréal doit sa création et sa croissance à son site géographique avantageux à bien des égards. L'île de Montréal, d'une superficie de 500 km², est en effet située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, autre point de rencontre de deux bassins versants drainant un territoire immense : celui des Grands Lacs et de l'Outaouais. Au sud comme au nord de l'île, des rapides tumultueux ont longtemps constitués des barrières naturelles à la navigation, faisant de Montréal un point de chute obligé. La construction du canal Lachine au 19e siècle, puis celle de la Voie maritime à la fin des années 50, ont permis de contourner ces obstacles.

Le réseau hydrographique de la région montréalaise est imposant : en plus du fleuve Saint-Laurent, la région compte trois lacs et au moins cinq rivières importantes. L'île est également sise au centre d'une grande plaine fertile - l'ancienne mer de Champlain - sur laquelle s'élèvent les Montérégiennes. Surplombant la ville, le Mont Royal fait partie de cette chaîne de collines d'origine intrusive. Autrement, le sous-sol de l'île de Montréal, comme celui de la plaine du Saint-Laurent, est constitué de roches sédimentaires, notamment le calcaire.

Le climat montréalais est de type continental humide, avec quatre saisons bien marquées, une moyenne annuelle de 162 jours de précipitations (pluie ou neige) et une température moyenne de 10.9 Celsuis.

Le maire de Montréal est élu par 1,8 million d'électeurs.
Le premier ministre du Québec est élu par 45 048 personnes dans sa circonscription…

Sources :
http://www.statcan.ca/
http://ville.montreal.qc.ca/

Informations sur Montréal

Cartes muettes

Carte muette de Montréal

Cartes thématiques

Carte de la densité de la population du Québec

Carte de la densité de la population du Québec

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Statistique Canada

Carte de densité de la population de Montréal en 2001

Carte de densité de la population de Montréal en 2001 (voir p.6 du document pdf)

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ville de Montréal

Population immigrante à Montréal en 2001

Population immigrante à Montréal en 2001 (voir p.5 du document pdf)

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ville de Montréal

Découpage du territoire montréalais en 2006

Découpage du territoire montréalais en 2006

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ville de Montréal

Réseau de transport de la ville de Montréal et de ses banlieues

Réseau de transport de la ville de Montréal et de ses banlieues

Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

 

Montréal en chiffres

Montréal en images

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Le centre-ville de Montréal, vu du Mont-Royal

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Labine / Le Québec en images / 1476

Le Festival de Jazz

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Labine / Le Québec en images / 1314

Le centre-ville, le pont Jacques Cartier, le Mont Royal, vus de la tour du stade olympique

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Christine Blais / Le Québec en images / 1252

Le Stade olympique

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Régis Fournier / Le Québec en images / 22350

 

Territoire à l'étude : Montréal - Compétence 2

Les enjeux d'une métropole

Se déplacer

À pied, à vélo, à mobilette, en voiture, en taxi, en transport en commun et même par traction animale, les citoyens des métropoles utilisent différents moyens pour se déplacer dans leur ville. La concentration des activités et des services diminue théoriquement les distances à parcourir. Toutefois, divers facteurs influencent les temps de déplacement à l'intérieur d'une grande ville : l'efficacité du réseau de transport en commun, la qualité du réseau routier, l'engorgement à divers moments de la journée.

De plus, les résidents n'ont pas tous la même accessibilité aux moyens de transport. Tous ne possèdent pas de voiture personnelle et tous ne résident pas à proximité des grands axes du transport collectif.

Ajouté à cela, le transport commercial par camionnage occupe le réseau routier de façon intensive, embourbant les grands axes durant les heures de pointe et accélérant la dégradation de la chaussée.

La grande majorité des habitants des métropoles doit pourtant se déplacer quotidiennement, pour le travail, pour les études ou pour les loisirs. De l'efficacité de ces déplacements dépendent la vigueur économique d'une ville et la qualité de vie de ses habitants.

Particularités montréalaises
Pratique à une époque où se défendre était une priorité, l'insularité de la ville complique aujourd'hui la vie des résidents de la région métropolitaine, la traversée des ponts apparaissant comme un enjeu majeur du réseau de transport terrestre. L'étalement urbain, le développement des banlieues et l'accès facilité à la voiture personnelle imposent un poids sans cesse grandissant au réseau routier de la métropole. La construction de nouveaux ponts alimente par ailleurs régulièrement les débats entre les partisans de l'automobile et les défenseurs des transports collectifs. Le récent débat sur le réaménagement du boulevard Notre-Dame, dans le sud-est de la ville, ainsi que le prolongement du métro vers la banlieue nord (Laval), sont des exemples qui illustrent l'enjeu du déplacement des populations périurbaines.

L'automobile occupe une place majeure dans l'organisation spatiale d'une métropole. En plus du réseau routier lui-même, les espaces de stationnement et les stations d'essence utilisent un espace précieux. Ce même essence qui, une fois brûlé, compromet la qualité de l'air de la ville, contribuant à la formation du smog et, plus globalement, au réchauffement de la planète.

Cartes thématiques
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L'utilisation du transport en commun pour aller au travail sur l'île de Montréal en 1996

L'utilisation du transport en commun pour aller au travail sur l'île de Montréal en 1996

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Cartothèque de la ville de Montréal

L'utilisation de l'automobile pour aller au travail sur l'île de Montréal en 1996

L'utilisation de l'automobile pour aller au travail sur l'île de Montréal en 1996

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Cartothèque de la ville de Montréal

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Carte du métro de Montréal

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Société de transport de Montréal

Calculer le temps de déplacement en transport en commun!

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De la maison au travail...Pourcentage de la population active selon le mode de transport pour se rendre au travail à Montréal

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Statistique Canada et Service national du RÉCIT de l'univers social

 

Montréal en images
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Trafic sur l'autoroute 40 à Montréal

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot / Le Québec en images / 2412

Grand axe routier :l'autoroute Décarie

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Département de géographie du Collège de Maisonneuve / Le Québec en images / 6768

Le métro de Montréal

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Labine / Le Québec en images / 976

Le pont Jacques-Cartier

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot / Le Québec en images / 799

Feux de circulation à Montréal

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ginette Laurendeau

Se déplacer à Montréal : les enjeux

Réussir à se loger

 

À Montréal, jusqu'à tout récemment, trouver un logement était plutôt facile et les loyers demeuraient abordables. Le fort taux d'inoccupation des logements favorisait ainsi les locataires. Depuis quelques années, toutefois, la tendance s'est inversée : les logements sont de plus en plus rares et de plus en plus chers, plus particulièrement dans les quartiers centraux. La transformation des appartements locatifs en copropriétés (condominiums), le ralentissement de la construction de nouveaux logements locatifs et l'exode des populations des régions vers la métropole expliquent en partie cette crise du logement à Montréal. Le phénomène de l'embourgeoisement est également en cause, mais son impact est difficile à cerner. Pourrait-il en découler une mixité sociale souhaitable ?

La densité moyenne de population sur le territoire de Montréal est de 3700 habitants par km². La densité de certains quartiers est cependant beaucoup plus forte, allant jusqu'à des taux de 60 000 habitants par km², parmi les plus élevés en Amérique du Nord. Phénomène particulier, 38 % des ménages montréalais sont pourtant constitués d'une personne vivant seule.

Logement et pauvreté
Près du 2/3 des Montréalais sont locataires du logement qu'ils habitent. Du nombre, 37% des locataires consacrent plus de 30% de leurs revenus à leur logement, ce qui est considéré comme un signe de pauvreté. La rareté des logements et leurs prix de plus en plus élevés amènent par ailleurs les populations à réclamer l'aide des gouvernements sous forme de logements sociaux (HLM). Des organismes communautaires, le FRAPRU en tête, forcent d'ailleurs les gouvernements à en faire des engagements électoraux.

Carte thématique

Valeur moyenne des logements en 2001

Valeur moyenne des logements en 2001 (page 15 du document pdf)

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Cartothèque de la ville de Montréal

Se loger à Montréal en chiffres

La « crise du logement » à Montréal

Montréal en images
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Infrastructure d'une métropole : un aéroport

Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Caribb / Flickr

Infrastructure d'une métropole : voie de chemin de fer

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot / Le Québec en images / 2287

Le plateau Mont-Royal : un quartier très recherché de Montréal

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Victoria N.B. Kayser / Le Québec en images / 25613

Infrastructure d'une métropole : l'énergie

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot / Le Québec en images / 5869

 

Gérer les déchets

Télé-QuébecIl va sans dire qu'une forte concentration de population génère de grandes quantités de déchets. À Montréal, chaque citoyen produit en moyenne une demi-tonne de déchets par année. Là dessus, selon les responsables de la collecte des déchets à la Ville de Montréal, 48 % seraient des matières recyclables et 35 % seraient des matières compostables. C'est donc dire que la quantité d'ordures ramassée pourrait être réduite de 80 %!

Traiter les déchets
Cliquer sur l'image pour l'agrandir Qu'advient-il des déchets ramassés? Doit-on favoriser leur incinération ou leur enfouissement? À Montréal, il n'existe plus d'incinérateur depuis plusieurs années : tous les déchets sont enfouis, dont la majeure partie sur l'île même. Le complexe environnemental Saint-Michel, une ancienne carrière, reçoit ainsi plus d'un million de tonnes de déchets par année, à partir desquels on produit de l'électricité, par la collecte des biogaz (gaz de décomposition). Le reste des déchets générés dans la métropole est acheminé dans d'autres sites d'enfouissement, situés en périphérie (voir schéma ci-contre).

Pas dans ma cours, mais dans les bacs verts!
Évidemment, ce déplacement des déchets engendre le mécontentement des résidents des municipalités qui les reçoivent. Chaque projet d'agrandissement ou de création de sites d'enfouissement soulève la colère des populations concernées. Quelle solution reste-t-il pour l'élimination des déchets montréalais?

Depuis plusieurs années déjà, la ville de Montréal a entrepris des programmes favorisant le recyclage et le compostage des déchets. Les résidus recyclables triés sont ramassés porte-à-porte chaque semaine, pour un total annuel moyen de 150 kilos par personne.

Outre le recyclage, la réduction à la source et le réemploi sont des moyens efficaces de diminuer la quantité de déchets produits. Une métropole comme Montréal peut-elle jouer un rôle dans la mise en valeur de telles mesures?

Montréal en images
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Chargeur au travail sur un tas de déchets

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot / Le Québec en images / 9065

Centre de tri

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ville de Montréal

Le bac vert

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ville de Montréal

La collecte des déchets

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ville de Montréal

Écoquartier : distribution de bacs verts

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ville de Montréal

Conteneur à déchets

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ginette Laurendeau

Recyclage et réemploi (boutique de vêtements usagés)

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Ginette Laurendeau

 

Le recyclage

La gestion des déchets: les enjeux

 

 

Territoire à l'étude : Le Caire - compétence 1

Lire l'organisation du Caire

Portrait du territoire

Image satellite du delta du Nil

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA

Tout au bout de la course du Nil, juste à l'entrée du delta qui répand les eaux du grand fleuve dans la mer Méditerranée, Le Caire occupe un espace d'environ 400 km². Métropole et capitale del'Égypte, Le Caire est aussi la ville la plus populeuse d'Afrique, avec un total de plus de 14 millions d'habitants. C'est un peu moins du quart de la population de l'Égypte. C'est là que sont concentrés les services de santé et d'éducation, ainsi que le gouvernement. C'est aussi là qu'un Égyptien a le plus de chance de se trouver un emploi. De fait, au Caire, la population croît annuellement de 3,3 %, principalement en raison de l'exode des populations rurales, en quête d'une vie meilleure.

Un résident du Caire

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Voyage en Égypte

Profil de la population
La cité même du Caire comptait, lors du recensement de 1996, une population de 6 789 000 habitants. Toutefois, lorsqu'on prend en compte tous les habitants des banlieues et des villes satellites, la population de l'agglomération fait plus que doubler.
La grande majorité des Cairotes est de confession musulmane et de langue arabe, bien que l'usage de l'anglais soit très répandu. En plus des Grecs et des Arméniens, les autres groupes ethniques présents dans la ville sont surtout d'origine nord-africaine, comme les Bédouins, les Berbères et les Nubiens de la Haute-Égypte (tout au sud du pays).
En Égypte, le taux de natalité atteint 2,99 et l'espérance de vie est de 64 ans. La population y est plutôt jeune ; les 0-14 ans en forment plus du tiers.

Le Caire

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken

Petite géographie du Caire
La ville s'étend de part et d'autre du Nil, à un endroit où les nombreuses îles en facilitent la traversée. Un escarpement rocheux, du côté est de la ville, offre un promontoire de 350 mètres du haut duquel la citadelle de Saladin surplombe la ville. Le climat du Caire est de type tropical aride, autrement dit, c'est un désert où il ne pleut presque jamais, soit moins de 6 jours par année. La température est douce toute l'année et les étés particulièrement chauds et secs. L'agriculture n'est possible que sur 4 % du territoire égyptien, soit sur les berges du Nil et dans le delta.

L'économie en bref
La métropole égyptienne concentre près de 80% des activités du secteur tertiaire du pays, en plus d'en être le centre industriel et culturel. Enfin, Le Caire est évidemment un centre touristique majeur, site du Sphinx et des grandes pyramides de Gizeh et de Saqqarah.

Informations su Le Caire

Cartes

Cartes thématiques

Observer les terres fertiles, l'expansion de la ville depuis 1965, la proximité des pyramides d'Égypte, l'omniprésence du désert, etc.

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Carte schématique de la ville du Caire

Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

Étalement urbain de la ville du Caire entre 1965 et 1998

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA

Carte de densité de la population

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA

Le Caire en images
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Vue aérienne du Caire

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken, Macquarie University

Les collines de la citadelle de Saladin en arrière plan

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken, Macquarie University

La ville s'étend de plus en plus vers le Sphinx et les pyramides

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken, Macquarie University

Un restaurant bien connu…

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken, Macquarie University

Des images du Caire :

Données sur Le Caire

Climatogramme


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Service national du RÉCIT de l'univers social,
Données : http://www.cndp.fr/hist-geo/dvdvilles/lecairedemo.htm

Territoire à l'étude : Le Caire - compétence 2

Les enjeux d'une métropole

Se déplacer

Une circulation anarchique!
Une circulation anarchique!
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

La circulation au Caire est particulièrement dense et difficile, presque chaotique. Les moyens de transports utilisés sont très diversifiés: automobiles, taxis collectifs, camions, autobus et charrettes se côtoient dans un enchevêtrement très dense de petites rues et de quartiers aménagés sans plan d'urbanisation. La construction d'une autoroute de contournement du centre n'est qu'au stade de projet, ce qui fait du centre ville un passage obligé, engorgé en permanence. De plus, davantage de ponts seraient nécessaires pour traverser le Nil, qui partage la ville en deux longs corridors nord-sud.

Les transports collectifs
Un système de transport en commun par autobus et par tramway est en place, mais son efficacité est réduite par le développement anarchique de la ville, par la densité de la circulation et par le mauvais état de la chaussée. Dans les quartiers populaires en expansion, souvent éloignés du centre, de petits systèmes de transport collectif privés se sont par ailleurs développés. Le Caire possède également le seul métro d'Afrique et du Moyen-Orient, actuellement en développement.

La qualité de l'air
Conjugués aux émanations des usines environnantes, les rejets gazeux dus aux transports dans la ville chargent l'air de polluants toxiques, tels que le plomb, faisant du Caire l'une des métropoles les plus polluées de l'Afrique. Enfin, les véhicules à moteurs sont aussi responsables d'une pollution sonore terrible, le niveau de décibels atteignant des sommets nettement supérieurs aux normes acceptables.

Se déplacer au Caire : les enjeux

« Le spectacle d'autobus essoufflés et bondés d'où débordent des grappes de voyageurs fait partie du quotidien cairote ».
Source : Métropoles en mutation

Se déplacer au Caire en images
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Circulation anarchique où cohabitent piétons, voitures, autobus et une charrette!

Circulation anarchique où cohabitent piétons, voitures, autobus et une charrette!

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

Transport collectif privé dans de nouveaux « quartiers irréguliers ».

Transport collectif privé dans de nouveaux « quartiers irréguliers ».

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : A. Deboulet, Métropoles en mouvement

Traverser le Nil... plusieurs ponts relient les sections est et ouest de la ville.

Traverser le Nil... plusieurs ponts relient les sections est et ouest de la ville.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource :Kevin McCracken , Macquarie University

Différents types de transport : un taxi noir et blanc, un cheval, une moto, un autobus, etc.

Différents types de transport : un taxi noir et blanc, un cheval, une moto, un autobus, etc.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken , Macquarie University

Le métro au Caire. Il risque toutefois d'avoir des effets pervers en facilitant l'urbanisation vers le nord sur les terres agricoles...

Le métro au Caire. Il risque toutefois d'avoir des effets pervers en facilitant l'urbanisation vers le nord sur les terres agricoles...

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken , Macquarie University

Le métro au Caire

Le métro au Caire.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Egypt State Information Service

Le métro au Caire

Le métro au Caire.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Insecula

Un troupeau de chameaux sur la route...

Un troupeau de chameaux sur la route...

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken , Macquarie University

 

Réussir à se loger

Un bâtiment en ruines!
Un bâtiment en ruines!

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken , Macquarie University

Avec une moyenne de 32 000 habitants/km², la densité du Caire est l'une des plus fortes du monde, certains quartiers pouvant compter plus de 100 000 habitants par km². Le centre de la ville, traditionnellement un quartier d'accueil des immigrants pauvres, est depuis longtemps saturé. Les tentatives de développement de villes satellites n'ont longtemps connu qu'un maigre succès, attirant plusieurs industries, mais peu de résidants.

Étalement urbain
Toutefois, ces quartiers commencent aujourd'hui à s'organiser dans la grande banlieue du Caire, initiant un processus d'étalement urbain. De nouveaux lotissements résidentiels sont aménagés dans le delta verdoyant du Nil, au grand bonheur des plus nantis, mais au détriment des rares terres arables. Pendant ce temps, les populations défavorisées s'installent sur des terres désertiques sans ordre ni plan et dans des conditions sanitaires souvent déficientes (absence d'égout et d'aqueduc).

La cité des Morts au Caire
La cité des Morts au Caire
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : BIPS

Pénurie de logement
Cet éclatement est rendu nécessaire à cause de la grande crise du logement qui touche actuellement Le Caire et dont les populations les plus pauvres font les frais. En effet, malgré la saturation du centre ville, les familles démunies persistent à vouloir y vivre pour profiter de ses avantages. La pénurie de logements force ces familles à s'installer dans des aménagements précaires et parfois insolites : on ajoute des étages chancelants à d'anciens immeubles ou, plus simplement, on construit des habitations de fortune directement sur les toits. En fait, s'il n'existe à proprement parler que peu ou pas de bidonvilles au Caire, cette "verticalisation" de l'habitat en est une variante certes originale, mais non moins précaire.

Autre conséquence de la crise du logement, la Cité des Morts, ancien cimetière situé en plein cœur de la ville, est aujourd'hui entièrement habitée par une population dense qui a élu domicile entre les stèles et les mausolées.

Sources :
Centre IRD d'Île-de-France (Institut de recherche pour le développement)
BUCCIANTI Alexandre, « L'excroissance de la capitale égyptienne », © Le Monde, septembre 1994
.

La « crise du logement » au Caire

« Étages rajoutés - en toute illégalité - aux immeubles existants, cabanes en bois construites sur chaque espace vacant… La « cité des morts », immense cimetière à l'est de la ville est emblématique de cet habitat précaire. Près d'un million de personnes vivent aujourd'hui dans les abris attenants aux tombes. De petites épiceries ont ouvert au pied des mausolées. Les gamins jouent au foot entre les stèles ».
Source : Métropoles en mutation

La « crise du logement » au Caire en images
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Quartiers populaires

Quartiers populaires.

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

Bidonvilles

Bidonvilles.

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

Un village agricole envahi par la ville

Un village agricole envahi par la ville.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : P. Haeringer, Métropoles en mouvement

Quartier résidentiel de luxe... vide.

Quartier résidentiel de luxe... vide.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : M. Le Page, Centre IRD d'Île-de-France (Institut de recherche pour le développement)

« Verticalisation » de la vieille ville ou la « Taudification » des toits.

« Verticalisation » de la vieille ville ou la « Taudification » des toits.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : P. Haeringer, Métropoles en mouvement

Par manque d'espace, plusieurs habitants du Caire construisent leur maison sur le toit des immeubles.

Par manque d'espace, plusieurs habitants du Caire construisent leur maison sur le toit des immeubles.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken, Macquarie University

La Cité des Morts : des logements ont été construits au milieu d'un cimetière… Remarquez les pierres tombales.

La Cité des Morts : des logements ont été construits au milieu d'un cimetière… Remarquez les pierres tombales.

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : BIPS

Gérer les déchets

Des déchets et de l'eau

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

Ayant longtemps été laissée à la tâche du seul secteur informel, la collecte des déchets au Caire est aujourd'hui partagée entre les chiffonniers traditionnels et le secteur privé, mandaté par la voirie. Les Cairotes produisent chaque année 330 kg de déchets par personnes, une moyenne qui cache d'importants écarts entre les riches et les pauvres. Ces derniers vont en effet transformer, recycler et réutiliser tout ce qui est possible de l'être avant de mettre leur poubelle à la rue.

Les Zabbalins et leurs ânes

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

Les Chiffonniers du Caire
Quant aux autres millions de tonnes de déchets produites dans la métropole, elles seront soit collectées par une flotte de camions privée, soit ramassées par les Zabbalins. De confession orthodoxe copte, cette minorité d'immigrants résidant au Caire est au centre de l'économie informelle alimentée par la réutilisation des déchets. Aussi appelés les Chiffonniers du Caire, ces éboueurs clandestins collectent et trient les ordures qu'ils réemploient, transforment et revendent. Également, ils utilisent tous les déchets organiques pour nourrir les porcs, animaux qu'ils sont les seuls à élever et à consommer en ces terres musulmanes. Si les Cairotes tolèrent leur présence, nécessaire à la salubrité de la ville, ils sont cependant agacés par leurs charrettes, tirées par des ânes, qui gênent la circulation déjà très pénible au Caire.

Profiter des dépotoirs
Les tonnes de déchets accumulées dans les nombreux dépotoirs qui se sont multipliées autour du grand Caire profitent également à d'autres personnes. Ainsi, les enfants défavorisés y trouvent des objets qu'ils recyclent et revendent, pendant que les bergères laissent leur troupeau de chèvres y glaner leur nourriture. Toutefois, les dangers de maladies, de blessures ou d'effondrements sont bien réels, mettant en péril la santé de ceux qui vivent des déchets.

Encore la qualité de l'air
Enfin, l'incinération informelle et spontanée des tas de détritus, par des promoteurs désireux de "nettoyer" un terrain ou par les résidants eux-mêmes, contribue à la très mauvaise qualité de l'air du Caire, chargé de matières toxiques et de poussières. Aussi, les taux de maladies respiratoires, telles que l'asthme et le cancer du poumon, sont particulièrement élevés dans la métropole égyptienne, qui compte par ailleurs très peu d'espaces verts.

Sources :
Centre IRD d'Île-de-France (Institut de recherche pour le développement)
BUCCIANTI Alexandre, « L'excroissance de la capitale égyptienne », © Le Monde, septembre 1994
Al-Ahram, hebdomadaire égyptien en langue française

La gestion des déchets: les enjeux

« Dans la ville la plus peuplée d'Afrique, de jeunes enfants ramassent plastiques, cartons, déchets de nourriture et autres matières afin de leur donner une seconde vie. Appelés les Chiffonniers du Caire ou Zabbalins, ces jeunes tirent profit de la gestion déficiente des déchets de cette mégalopole de 17 millions d'habitants ».
Source : Magazine L'Enjeu

La gestion des déchets en images
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« Quelques personnes viennent quotidiennement ici, aux abords de la voie ferrée. Nous ne sommes pas loin de la gare du Caire. La ville voit sa population s’accroître très rapidement... Le travail est de plus en plus difficile à trouver. Les habitants, jeunes adultes désoeuvrés, se retrouvent dans ces endroits plus ou moins insalubres, à l’écart des yeux curieux. Au-delà de l’habitat misérable, de la promiscuité et des conditions de vie précaires, le bidonville évoque surtout l’insécurité ».

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : BIPS

Des déchets et de l'eau

Des déchets et de l'eau.

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

Quartier des Chiffonniers du Caire

Quartier des Chiffonniers du Caire.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Eglise Orthodoxe Copte Française

Quartier des Chiffonniers du Caire

Quartier des Chiffonniers du Caire.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Eglise Orthodoxe Copte Française

Quartier des Chiffonniers du Caire

Quartier des Chiffonniers du Caire.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Eglise Orthodoxe Copte Française

Les Zabbalins et leurs ânes

Les Zabbalins et leurs ânes.

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Thierry Hatt

Un service privé de collecte des déchets

Un service privé de collecte des déchets.

Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Kevin McCracken , Macquarie University

 

Compétence 3 - Construire sa conscience citoyenne à l'échelle planétaire

Les réalités géographiques du programme en compétence 3 ont été traitées selon un angle planétaire et non territorial. Cependant, nous avons fait des références aux territoires à l'étude.

 

De l'eau, de l'eau tout autour, mais pas une goutte à boire.

Samuel Taylor Coleridge, « The Rime of the Ancient Mariner »,
dans David Suzuki, L'Équilibre du sacré. Redécouvrir sa place dans la nature, Fides, 1997, p. 88.

Approvisionnement en eau à l'échelle planétaire

Sur Terre, deux milliards d'êtres humains n'ont pas accès à de l'eau potable. Avec l'augmentation constante du phénomène de l'urbanisation, une grande partie de cette population réside aujourd'hui dans les grandes villes de la planète.

L'accès à l'eau potable
Habiter une métropole ne signifie par pour autant avoir accès à tous les services de base : dans les régions en voie de développement, 43 % de la population habite des bidonvilles, dans des conditions sanitaires extrêmement précaires. Sur le continent africain, par exemple, la moitié de la population n'a pas accès à de l'eau potable à moins de 1 km de sa résidence, et plus de la moitié ne bénéficie pas d'un système de collecte des eaux usées (égout ou fosse septique).

Résultat, soit que les populations s'approvisionnent à des sources insalubres, porteuses de maladies, soit qu'elles achètent leur eau à des vendeurs privés, à un prix parfois dix fois plus élevé que le prix normal de l'eau courante.

Enfants buvant dans le marigot au Burkina-Faso

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : BIPS

Boire de l'eau polluée
L'approvisionnement en eau de qualité dans les grandes villes est rendu plus difficile lorsqu'il n'existe pas de système efficace d'assainissement des eaux usées. Ainsi, les eaux usées non traitées polluent directement les eaux de surface, les réserves d'eau souterraines, de même que les océans. De plus, la pluie qui ruisselle sur les terrains, emportant avec elle saletés et déchets - y compris les déchets humains mal collectés - contamine les puits et autres sources précaires d'approvisionnement en eau potable, entraînant de graves épidémies. Les maladies diarrhéiques transmises par l'eau contaminée, telles que le choléra, sont par ailleurs la plus grande cause de mortalité infantile dans les pays en voie de développement.

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Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

L'eau, c'est à qui?
Il n'y a pas que dans les pays pauvres que l'approvisionnement en eau pose problèmes. Par exemple, le Texas et la Californie, deux états riches et populeux des États-Unis, font face à une pénurie d'eau. Ailleurs sur le continent, comme à Montréal, l'eau est considérée comme acquis et souvent gaspillée.

Avec l'accroissement soutenu de la démographie mondiale et de l'urbanisation des populations, l'approvisionnement en eau est devenu un enjeu fondamental, à la merci de ceux qui s'en approprient le contrôle. Or, en tant que bien vital, patrimonial, commun et mondial, l'eau ne devrait-elle pas être considérée comme un bien commun précieux, non marchandable? Dans une perspective de développement durable, ne serait-il pas nécessaire que l'eau fasse l'objet d'une réglementation mondiale, qui en démocratiserait l'accès et en baliserait l'utilisation?

Sources : L'ONU et texte de Valérie Peugeot

L'eau et les pays en développement

En savoir plus !

La santé dans les grandes villes à l'échelle planétaire

Cette thématique a été traitée en fonction des différents enjeux de la compétence 2 et de la question de l'eau en compétence 3. Nous n'avons donc pas ajouté de liens supplémentaires sur le logement,, le logement et le transport et l'eau pour cette section, considérant que le matériel proposé dans les autres sections suffisait amplement.

 

Nous sommes des producteurs de déchets. Lorsque des millions de personnes vivent, travaillent et se déplacent à l'intérieur d'un territoire métropolitain, elles risquent d'affecter non seulement la qualité de l'environnement, mais aussi leur propre santé.

Le transport
Les gaz produits par les véhicules, par les industries environnantes et par le chauffage des bâtiments se retrouvent en forte concentration dans l'air ambiant des métropoles. Lorsque certaines conditions atmosphériques sont réunies, ces gaz s'accumulent au-dessus des villes et sont transformés en ozone, par réaction chimique avec le soleil. Le smog, cette cape de brouillard semblable à de la fumée, peut causer des problèmes respiratoires importants, surtout chez les personnes les plus vulnérables : les jeunes enfants et les personnes âgées. En 2001, Montréal a connu 16 jours de smog.

À court terme et à plus long terme, quelles sont les conséquences de la mauvaise qualité de l'air sur la santé humaine dans les grandes villes? Toutes les villes du monde ont-elles la même réglementation quant à la production de gaz à effet de serre ? Les métropoles du tiers-monde sont-elles plus polluées? Au Caire, par exemple, la présence de plomb dans l'air dépasse cinq fois les normes internationales. Quelles sont les mesures qui peuvent être prises pour limiter le phénomène du smog?

L'eau
Dans notre section sur l'eau, nous avons vu combien cette ressource fondamentale est un enjeu majeur dans les grandes villes du monde. Un manque d'accès à de l'eau potable oblige une large partie des populations - les plus pauvres - à utiliser de l'eau de mauvaise qualité, entraînant maladies et épidémies qui sont souvent causées par une gestion déficiente des eaux usées.

Les déchets
Qu'on les enfouisse, qu'on les brûle ou qu'on les empile, les déchets ont toujours un impact sur l'environnement et sur les êtres humains. Sous les sites d'enfouissement, le lixiviat (littéralement, jus de poubelle) contamine les sols et les eaux souterraines. Près des incinérateurs, les fumées de combustion empoisonnent l'air. La vermine, porteuse de maladies et attirée par les déchets accumulés, met en danger les populations pauvres qui vivent parmi les détritus.

Dans les grandes villes, la gestion des déchets est un enjeu de salubrité publique, nul ne souhaitant vivre à proximité d'un site d'enfouissement. Certains États, obligés de respecter une réglementation sévère, envoient même leurs déchets les plus dangereux dans d'autres pays, qui disposent de ces matières contaminantes contre des sommes d'argents, au détriment des populations locales. Qui est responsable des déchets produits dans les grandes villes? Comment peut-on diminuer leur quantité et leur impact?

Le logement
Lorsque la population est fortement concentrée dans une grande métropole, la quête d'un logement adéquat et abordable est souvent ardue. En raison du coût des logements, les plus pauvres vivent souvent entassés dans des logements insalubres et dangereux pour la santé :

Enfin, cette concentration de personnes vivant dans des conditions misérables favorise la diffusion des maladies contagieuses comme la tuberculose et la typhoïde.

La santé : les enjeux

Pour en savoir plus et techniques géographiques

Une autre métropole à l'étude!

Quelques éléments notionnels et concepts pouvant être abordés

Quelques techniques géographiques qui peuvent être abordées

Intégration des TIC et méthodologie de travail en univers social

Nous pensons que l'utilisation de ce dossier doit s'inscrire dans le cadre d'une tâche complexe et significative pour l'élève : dans le cadre d'une situation-problème ou d'un projet par exemple. Pour avoir accès à un cadre méthodologique de travail en univers social avec un souci d'intégration des technologies : http://www.recitus.qc.ca/tic/dossiers-tic/methode/

 

 

Crédits et commentaires

Crédits

Ce dossier a été réalisé par Steve Quirion, Marianne Giguère et Sylvain Decelles, en collaboration avec les groupes de travail en géographie de la CSMB (Sophie Turbide, Marc-André Lalande, Julie Larivière, Annie Coulombe et Caroline Gagnon). Mise à jour 2008 : Mathieu Rocheleau.