La carte dit vrai? Non, elle vous ment peut-ĂȘtre!

« Les cartes restent néanmoins des représentations schématisées, donc inexactes, d'une réalité complexe ».
P. Baud et S. Bourgeat, Dictionnaire de géographie, éd. Hatier, p. 46.

Une carte du mondeTraditionnellement, la carte est avant tout utilisée en classe comme une banque de données localisées afin de répondre aux questions du « quoi?» et du « où? ». Elle est pratiquement toujours utilisée comme support à l'exposé de l'enseignant. Mais la carte dit-elle ce qui est vrai et accepté de tous? Est-elle réalité ou fiction? Est-ce qu'elle déforme la réalité?

Quelques idées reçues sur l'utilisation de la carte

 

Utilisation traditionnelle de la carte

Pour une interprétation de la carte

Sur le réalisme

La carte est le réel donné à voir.

Exemple : la carte du Québec, c'est le Québec!

La carte est une représentation du réel interprété par son auteur. C'est une image simplifiée du réel.

Exemple : les problèmes de projection présentent une vision «forcée» du monde. La carte est un dessin, une schématisation du monde.

Sur les résultats La carte montre et dit le vrai. Les résultats sont non contestés.

La carte étant une représentation du réel, les données qui y sont présentées ont été choisies et traitées.

Exemple : les cartes réalisées pendant la guerre froide avaient souvent des objectifs politiques et stratégiques.

Sur le référent consensuel Les cartes démontrent un monde accepté par tous… Elles présentent un consensus.

Les cartes valorisent généralement le pays.

Exemple : où sont les cartes sur la répartition du chômage, des riches, des pauvres, etc ?

Sur le refus du politique La géographie est une science objective. Elle n'est pas touchée par les enjeux politiques.

La carte a toujours été un instrument d'exercice du pouvoir.

Exemple : dans les manuels de géographie publiés au Québec dans les années 70, on mentionne que le gouvernement du Québec ne reconnaît pas les frontières du Labrador.

Source : B. Boris, A. Le Roux, J-F. Thémines, 'Un modèle référentiel pour analyser les pratiques cartographique dans l'enseignement et la formation" dans "Géographie et éducation", volume 43, no 120, décembre 1999, page 99.

 

L'auteur d'une carte peut donc tenter de démontrer le plus objectivement possible une certaine réalité. Mais au bout du compte, il présente plutôt une interprétation du territoire.