Le temps du monde fini commence

Le pétrole...
Il a fallu des centaines de millions d'années pour le produire, nous le brûlons en quelques siècles. Est-ce raisonnable?

Paul Valéry a constaté en 1945 : « Le temps du monde fini commence ». Jusque-là les hommes pouvaient agir comme si le coin d'univers à leur disposition était illimité ; nos lointains ancêtres chasseurs cueilleurs étaient nomades ; lorsque leur domaine était épuisé, ils allaient chercher ailleurs de nouvelles ressources. Désormais, nous ne disposons plus d'un ailleurs.

Le constat que certaines ressources sont non renouvelables devrait nous inciter à prendre enfin conscience de la nécessité d'adopter une attitude nouvelle en nous posant la question : à qui ces ressources appartiennent-elles?

La réponse est évidente : elles appartiennent aux hommes, à tous les hommes, et à ceux de demain autant qu'à ceux d'aujourd'hui. Que ce soit le pétrole ou l'eau pure, aucun homme, aucun groupe d'hommes, ne peut s'en approprier une parcelle sans véritablement la voler aux autres.

La principale conséquence du constat de Paul Valéry est l'interdépendance des humains, aussi bien dans le temps que dans l'espace (…).

Extrait du discours d'Albert Jacquard tiré dans le mémoire présenté à la Régie de l'énergie du Québec par le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ).