Les risques sanitaires associés à la gestion d’un site d’enfouissement

Extrait de "Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de la Communauté métropolitaine de Montréal", décembre 2003

C’est au début des années 1980, en Californie, et vers la fin des années 1980 au Québec (dossier de la carrière Miron) que les autorités de santé publique ont pris conscience des risques sanitaires que pourraient représenter un site d’enfouissement mal contrôlé, pour les populations vivant à proximité.

La littérature nous indique que les principaux risques sanitaires associés à un lieu d’enfouissement sont les suivants :

  1. risque d’explosion associé à la migration latérale des biogaz vers les résidences situées au pourtour du site;
  2. contamination des nappes phréatiques par les eaux de lixiviation et possibilité d’exposition des populations à une eau de consommation contaminée par des composés toxiques en provenance des puits domestiques. Augmentation du risque de cancer, d’intoxications chroniques et d’issues de grossesse défavorables (prématurité, petit poids pour âge, malformation);
  3. contamination de l’air ambiant par le biogaz et exposition potentielle des populations vivant à proximité à des composés toxiques issues de ce biogaz (benzène, chlorure de vinyle monomère, dichlorométhane, etc.). Augmentation du risque de cancer, d’intoxications chroniques et d’issues de grossesse défavorables;
  4. contribution à l’effet de serre due aux émissions de méthane, une des composantes principales du biogaz (~50 %), amenant le changement climatique et ses impacts sanitaires appréhendés (événements climatiques extrêmes, périodes de chaleur accablantes, etc.)

La législation Calderon en Californie (1987), et plus près de nous, le nouveau Règlement sur l’élimination des matières résiduelles (devant être mis en vigueur sou peu) prescrit les mesures de contrôle de ces risques. Il est maintenant reconnu que l’ensemble des risques ci-haut mentionnés sont gérables par les moyens technologiques actuellement disponibles (système de récupération de biogaz, traitement des eaux de lixiviation, etc.) dans la mesure où les propriétaires du site effectuent les investissements nécessaires et que la réglementation soit respectée.

La récupération des biogaz peut également contribuer à la production d’électricité (ex. : usine de cogénération d’énergie à Miron) et générer des revenus pouvant amortir les coûts d’infrastructure.