La mitigation dans la gestion du risque

Extrait du document Mitigation des Catastrophes des modules de formation du Programme de la formation à la gestion des catastrophes des Nations unies.

Qu'est-ce que la mitigation?

Le terme « Mitigation » signifie qu'on entreprend des actions visant à atténuer les effets des aléas avant qu'ils ne se produisent. Le terme mitigation s'applique à une grande variété d'actions et de mesures de protection qui peuvent être provoquées; cela peut aller des mesures physiques, comme la construction de bâtiments plus résistants, aux mesures administratives, comme l'introduction de techniques normalisées d'évaluation des aléas lors de la planification de l'utilisation du sol.

Mitigation des Catastrophes, http://www.undmtp.org/modules_f.htm, page 9.

Sur la protection de l'économie

« La mitigation comprend aussi la protection de l'économie contre les catastrophes. Les activités économiques dans les sociétés relativement industrialisées sont complexes et dépendantes les unes des autres: les industries de services dépendent de la production de biens, qui à son tour dépend de la fourniture de matière première, des travailleurs, des sources d'énergie et des communications. Cette interdépendance complet est extrêmement vulnérable à toute perturbation due à un aléa frappant un maillon de la chaîne. Les sociétés dont l'industrialisation est récente sont les plus vulnérables de toutes les sociétés. »

Mitigation des Catastrophes, http://www.undmtp.org/modules_f.htm, page 13.

Sur les principales stratégies de mitigation

« Techniques de construction résistant à la force de vents violents. Règlements de construction stipulant des normes de résistance aux pressions des vents. Normes de sécurité par rapport aux vents pour les éléments non structuraux. Bonnes habitudes de construction. Implantation d'installations essentielles en accord avec le micro climat, par exemple à l'abri d'une colline. Plantation de brise-vent, planification de reboisement au vent des villes. Mise à disposition de bâtiments sûrs, résistant au vent (par exemple, un solide Hôtel de Ville), comme abris pour la communauté, dans les zones habitées vulnérables. »

Mitigation des Catastrophes, http://www.undmtp.org/modules_f.htm , page 21.

Sur l'attraction des villes, la création de bidonvilles et les risques naturels

« L'interdiction de bâtir des habitations sur des pentes peu sûres peut paraître raisonnable; mais elle ne pourra être mise en vigueur dans des villes où la pression économique de s'installer sur de tels sites dépasse la préoccupation de la légalité.

Dans de nombreuses villes qui se développent rapidement, un contrôle de l'emploi du sol par le secteur privé, grâce à un plan directeur urbain et à des autorisations de construire, est presque impossible. Ce sont souvent l'emploi du sol par le secteur privé, les secteurs marginaux et les bidonvilles qui présentent les plus grands risques de catastrophe. Les plaines inondables et les pentes abruptes sont souvent les terrains marginaux disponibles pour les communautés à faibles revenus et les groupes sociaux les plus vulnérables. Les pressions économiques qui poussent ces groupes, tout d'abord vers les villes pour y trouver des emplois et des occasions, ensuite vers ces terrains marginaux pour y vivre, doivent être parfaitement comprises, comme un contexte imposé dans lequel travailler à réduire les risques.

Ce sont souvent l'usage du sol par le secteur privé, les secteurs marginaux et les bidonvilles qui présentent les plus grands risques de catastrophe.

(...) une concentration plus dense de population sera toujours l'occasion de plus grandes catastrophes que si la même population est dispersée. (..) Un contrôle indirect de la densité est parfois possible grâce à des méthodes relativement simples, comme la construction de routes plus larges, une limitation de la hauteur, et une disposition des rues qui limite la taille des lots disponibles pour le développement. La création de parcs diminue la densité urbaine, tout en offrant de l'espace à la ville et de la verdure; cela atténue les risques d'inondations en permettant un bon drainage, fournit une zone de refuge à la population en cas d'incendies urbains, et peut offrir l'espace nécessaire pour des installations d'urgence en cas de catastrophe.

Des interdictions ou des mesures visant à écarter les habitants de ces régions menacées (bidonville) ont peu de chances d'être efficaces à long terme (…) Certaines mesures indirectes peuvent être efficaces, comme mettre à disposition des terrains plus sûrs, ou rendre des emplacements alternatifs plus attrayants. Ce dernier point peut être atteint grâce à une offre plus alléchante de sources de revenus, à un accès à des moyens de transport publics, et à la fourniture de meilleurs services.

Un autre moyen efficace de décourager un développement dans des zones inoccupées est de les proclamer clairement zones menacées, d'y refuser les services, d'en rendre l'accès plus difficile, et de limiter l'obtention des matériaux de construction.

Cependant, en fin de compte, ce n'est que lorsque la communauté locale reconnaît l'étendue réelle de l'aléa, et accepte la fait que le risque surpasse les avantages résultant de l'occupation de cet endroit, alors seulement ces gens vont s'installer sur un autre site, ou se protéger d'une autre façon. »

Mitigation des Catastrophes, http://www.undmtp.org/modules_f.htm, page 21.