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Le TBI/TNI et la collaboration

Il existe une variété d’applications spécialisées (cartographie, vidéoconférence, création de réseaux conceptuels, présentation de diaporamas, etc.) qui peuvent jouer le rôle de tableaux blancs à vocation particulière. En effet, ces applications ont en commun d’offrir la possibilité de travailler en collaboration en temps réel, en passant par le réseau. Le TBI/TNI est un périphérique qui peut être avantageusement utilisé dans le cadre de cette approche pédagogique au potentiel très riche.

En mettant à jour la taxonomie de Bloom en fonction de l’utilisation des technologies, Andrew Churches[1] a identifié la collaboration non pas comme une compétence du 21e siècle, mais bien comme un élément essentiel de la vie au 21e siècle. Pour lui, la collaboration doit faire partie de chaque étape du développement cognitif. C’est un peu dans cette perspective que nous envisageons l’utilisation du TBI; nous supposons en effet qu’un processus d’apprentissage qui se veut interactif ne peut pas faire l’économie de la collaboration. Aussi avons nous chercher à mettre cette idée en pratique dans la plupart des exemples que nous proposons dans ce dossier.

 

 

Collaboration ou... coopération?

Mais qu’entendons-nous, au fait, par collaboration? Nous utilisons ici ce terme au sens large de travailler ensemble. En réalité, plusieurs formes de collaboration existent et elles ne sont pas toutes accessibles aux élèves. Ainsi, dans les classes, c’est généralement en coopération que les élèves travaillent. La nuance est simple :

  • les élèves travaillent en coopération lorsque qu’ils se partagent les tâches pour assembler ensuite leur production en une seule création. Chacun a son rôle, chacun s’occupe de sa partie du travail, l’objectif est clair. Dans cette approche du travail, l’enseignant exerce davantage de contrôle et les élèves font peu à peu l’apprentissage de l’autonomie.
  • les élèves sont en collaboration lorsqu’ils travaillent ensemble à la même tâche, souvent en même temps, pour une même production. Chacun se mêle du travail de l’autre et la forme finale du travail n’est pas nécessairement claire. Les idées sont partagées, mises en commun, et les élèves sont interdépendants à toutes les étapes du travail, dans un mode de coconstruction Cette forme de travail requiert beaucoup d’autonomie et de maturité de la part des élèves.

Ainsi, à moins d’accomplir des tâches simples, les élèves du primaire et du 1er cycle du secondaire travaillent le plus souvent en coopération. Toutefois, l’utilisation d’outils tels que les tableaux blancs pourra favoriser l’apprentissage de la collaboration, puisqu’ils la facilitent et rendent cette forme de travail attrayante, malgré les difficultés qu’elle implique.

 

En quoi le tableau blanc est-il un outil de coopération, ou un moyen de développer la collaboration entre les élèves?

Puisque le travail en collaboration suppose que les élèves s’attellent en même temps à la même tâche, l’enseignant doit leur offrir un espace de travail adéquat. Vue son grand format et les outils qu’il propose, le TBI peut certainement jouer ce rôle. De plus, bon nombre d’applications de tableau blanc en ligne - qui sont pour la plupart gratuites - offrent aux utilisateurs la possibilité de travailler en temps réel sur un même document : une carte, un dessin, un réseau conceptuel, un texte.

 

Imaginons, par exemple, des élèves à qui on a donné la tâche de dessiner le croquis géographique du Vieux-Québec. En petites équipes face à l’ordinateur, ils commencent par chercher dans Internet différentes photos du Vieux-Québec, avec différentes vues. Ils placent les plus pertinentes sur une page d’un tableau blanc. À l’aide des outils de dessins, les élèves analysent ensuite les images, marquent les éléments qu’ils jugent importants. Sur une autre page du document, ils créent la liste de ces éléments. Puis, en se référant aux photos et à leur liste, ils créent leur croquis sur une nouvelle page. À chaque étape de la tâche, c’est un élève différent qui tient la souris ou le crayon.

 

 

La collaboration et l’interactivité
On a souvent reproché aux TBI de n’être interactifs que de nom. Bien entendu, ce ne sont pas les tableaux qui sont interactifs, mais bien les individus qui les utilisent dans le cadre d’approches pédagogiques. La véritable interactivité des TBI prend forme, croyons-nous, lorsqu’ils sont utilisés comme outils de collaboration : plusieurs élèves à la fois, voire une classe entière, collaborent en prenant part à une tâche secondée par le tableau. Ainsi, les TBI peuvent faire partie d’un processus de collaboration en classe à différents moments, par exemple au cours d’une SAÉ ou d’un projet particulier. Ils seront pertinents par exemple :
lors de la réactivation des connaissances antérieures;
pour réaliser une tempête d’idées;
pour faire des mises en commun;
pour créer des nuages de mots;
pour illustrer un problème et tenter de le résoudre collectivement;
pour débattre d’un sujet et identifier les arguments pour et contre;
pour faire une présentation, illustrée par des exemples;
au cours d’activités impliquant l’objectivation ou la métacognition.

Enfin, si les élèves ont accès à des ordinateurs ou des appareils mobiles connectés au réseau lorsqu’il sont en classe, le travail en collaboration peut devenir encore plus conviviale puisque chacun pourra contribuer, de sa place, à un travail affiché au TNI.

 

Modèles d'organisation de la classe  Tableau vs Bureau

Voici quelques modèles d'organisation de la classe afin de varier votre utilisation du TNI/TBI.  Pour enseignants d'histoire seulement! Sous quel(s) régime(s) politique(s) vos élèves vivent-ils?

Comment organiser la collaboration en classe

À partir du moment où un enseignant prend la décision de faire travailler ses élèves en collaboration, il doit s’assurer de fournir à ses groupes un espace de travail efficace et des outils appropriés pour réaliser les tâches. Cet espace doit être évolutif et pouvoir se transformer au besoin. L’enseignant doit surtout s’assurer que ses élèves comprennent bien la nature du travail collaboratif et ce qu’il exige en termes de participation et d’investissement personnel dans la tâche. 

Voici quelques pistes pédagogiques qui devraient favoriser le travail collectif des élèves : 

  • aider les élèves à identifier leurs forces respectives;
  • préciser les rôles de chacun : qui fait quoi, quand et comment;
  • faire profiter le groupe des nouvelles informations qui surgissent;
  • amorcer et encourager les échanges qui facilitent la créativité;
  • donner régulièrement des explications ou des précisions;
  • fournir beaucoup d’exemples;
  • poser des questions ouvertes pour stimuler la réflexion du groupe;
  • partager régulièrement le travail et les idées des autres avec tout le groupe;
  • encourager les élèves et souligner leurs bons coups.

Cela dit, le travail collaboratif fait partie d’une panoplie de moyens pédagogiques diversifiés pouvant être utilisés par les enseignants dans leur classe. Les élèves ont, bien sûr, tout avantage à travailler régulièrement seuls ou en petites équipes avec d’autres logiciels ou d’autres outils technologiques afin de véritablement développer leur compétence TIC. 


[1]Andrew Churches, Bloom’s digital taxonomy 2009

 

Commentaires

collaboration et tbi : une vaste fumisterie ?

Bien que votre site soit remarquable à tout point de vue, je trouve que vous manquez singulièrement d'honnêteté quand vous laissez croire qu'on puisse rééllement collaborer dès l'instant ou un seul acteur agit ( au mieux à tour de rôle).

Collaborer est impossible avec un tbi et c'est un abus de langage de le laisser croire. C'est justement la principale faiblesse du tbi de conduire au magistral.

alucas

pas d'accord!

Le TNI ne doit être utilisé en mode frontal en gros que pour la mise en route de la leçon et la mise en commun... Le reste du temps, on met les élèves en recherche en travail collaboratif de groupe justement, puis on récupère le travail de chaque groupe au TNI.

TBI et collaboration

Bonjour,

Merci de votre commentaire.  Je ne vois pas en quoi il est malhonnête de suggérer que le TBI peut servir à un projet de collaboration en classe.  Nous sommes dans un débat d'idées et je crois que le dossier tente de porter un jugement critique et constructif sur l'utilisation du TBI en classe.  Voir ici en particulier : http://www.recitus.qc.ca/tic/dossiers-tic/tableau-blanc/acheter

En ce qui concerne la collaboration maintenant.  Il faut s'interroger sur ce que le TBI peut apporter à un projet collaboratif : mise en commun, tempête d'idées, métacognition, etc.  Comme nous le mentionnons, le TBI n'est qu'un périphérique, il ne génère pas d'interactivité par lui-même ou de la collaboration.

Enfin, lorsqu'on parle de collaboration et de technologie, on a souvent en tête les outils merveilleux de web 2.0.  Cependant, la collaboration ou la pédagogie de la coopération existaient bien avant l'arrivée de ces outils.