Les tableaux blancs et l'apprentissage

 

Le tableau blanc (TB) est un outil qui se veut simple et instinctif qui permet de représenter graphiquement une idée, un cheminement, un problème. La représentation graphique est une technique qui permet aux élèves de construire un sens puisqu’elle favorise la création de liens entre divers éléments, la création de catégories et qu’elle permet d’avoir une vue d’ensemble. Elle encourage également une pensée non-linéaire en plus de faciliter la synthèse d’informations provenant de diverses sources. Enfin, elle permet de résumer graphiquement l’information contenue dans un document (écrit, iconographique, audio ou vidéo).

La représentation graphique est au cœur de plusieurs des techniques du programme d’univers social comme la réalisation d’un croquis et d’une carte schématique et l’interprétation d’une carte en géographie ainsi que l’interprétation et la réalisation d’une ligne du temps, l’interprétation d’un document iconographique et la réalisation et l’interprétation d’un diagramme en histoire et éducation à la citoyenneté.

Lorsqu’on parle de représentation graphique, on pense souvent aux organisateurs graphiques qui permettent de créer des réseaux conceptuels. Les applications spécialisées qui permettent de créer des réseaux conceptuels comme Cmap ou Freemind sont efficaces, mais assez rigides dans leur format. Un tableau blanc, qui est moins rigide par définition, permet également de créer des réseaux conceptuels tout en y ajoutant des documents complémentaires. La même chose est vraie des lignes du temps, une autre forme de représentation graphique. Des applications spécialisées permettent de créer des lignes du temps de qualité, mais peuvent prendre un certain temps à maîtriser.

Ces différentes applications spécialisées nous imposent aussi un format, une façon de procéder et de penser. Le tableau blanc permet de créer rapidement et facilement toutes sortes de représentations graphiques, ce qui peut être très pratique dans certains contextes.  Voici quelques exemples de représentations graphiques : 

Comparaison    

Séquence

Constellation

Cycle

 

 

Exemples d’organisateurs graphiques

Source : Jean Godin et Martine Levesques (CSL, 2004) et Louise-Isabelle Couture, CSRDN (2004)

 

Canevas ouvert d'organisateurs graphique

 

Différents types d'organisateurs graphiques

Certains outils conditionnent l’organisation de notre pensée et fixent un format dans lequel nous devons entrer. L’avantage du tableau blanc, c’est l’absence de modèle. Par exemple, si nous créons un réseau conceptuel sur les différences entre les nomades et les sédentaires à l’aide de l’application Freemind, nous travaillons avec un outil qui est conçu spécifiquement pour construire des réseaux conceptuels. Il est efficace et le produit final est clair. Même s’il est relativement facile d’utilisation, on doit tout de même prendre un certain temps pour se familiariser avec ses fonctions. Par contre, la réflexion doit avoir lieu à l’intérieur des paramètres imposés par l’application.

 

Le même réseau conceptuel réalisé en ligne avec Realtimeboard. Cet outil est facile d’utilisation et permet de se mettre au travail rapidement. On peut y insérer facilement des éléments (comme des images) qui soutiennent le propos et changer au besoin la présentation afin de hiérarchiser ou de regrouper des éléments ou des idées.

Un tableau semblable réalisé sur TBI avec l’application Sankoré. En se basant sur leurs connaissances antérieures ou suite à une lecture, les élèves énoncent des éléments associés à chaque mode de vie. L’enseignant ou les élèves, à tour de rôle, écrivent les idées sur le TBI puis créent des regroupements qui facilitent la comparaison entre les deux modes de vie. Le processus de création est très spontané dans ce cas-ci. 

 

Ces trois exemples montrent bien que différents outils ont leurs forces et leurs faiblesses. Il montre également que les tableaux blancs sont des outils moins spécialisés, mais qui permettent de se mettre au travail rapidement et offrent une grande liberté. Il s’agit de choisir l’outil approprié au contexte.

Le TBI/TNI et la collaboration

Il existe une variété d’applications spécialisées (cartographie, vidéoconférence, création de réseaux conceptuels, présentation de diaporamas, etc.) qui peuvent jouer le rôle de tableaux blancs à vocation particulière. En effet, ces applications ont en commun d’offrir la possibilité de travailler en collaboration en temps réel, en passant par le réseau. Le TBI/TNI est un périphérique qui peut être avantageusement utilisé dans le cadre de cette approche pédagogique au potentiel très riche.

En mettant à jour la taxonomie de Bloom en fonction de l’utilisation des technologies, Andrew Churches[1] a identifié la collaboration non pas comme une compétence du 21e siècle, mais bien comme un élément essentiel de la vie au 21e siècle. Pour lui, la collaboration doit faire partie de chaque étape du développement cognitif. C’est un peu dans cette perspective que nous envisageons l’utilisation du TBI; nous supposons en effet qu’un processus d’apprentissage qui se veut interactif ne peut pas faire l’économie de la collaboration. Aussi avons nous chercher à mettre cette idée en pratique dans la plupart des exemples que nous proposons dans ce dossier.

 

 

Collaboration ou... coopération?

Mais qu’entendons-nous, au fait, par collaboration? Nous utilisons ici ce terme au sens large de travailler ensemble. En réalité, plusieurs formes de collaboration existent et elles ne sont pas toutes accessibles aux élèves. Ainsi, dans les classes, c’est généralement en coopération que les élèves travaillent. La nuance est simple :

  • les élèves travaillent en coopération lorsque qu’ils se partagent les tâches pour assembler ensuite leur production en une seule création. Chacun a son rôle, chacun s’occupe de sa partie du travail, l’objectif est clair. Dans cette approche du travail, l’enseignant exerce davantage de contrôle et les élèves font peu à peu l’apprentissage de l’autonomie.
  • les élèves sont en collaboration lorsqu’ils travaillent ensemble à la même tâche, souvent en même temps, pour une même production. Chacun se mêle du travail de l’autre et la forme finale du travail n’est pas nécessairement claire. Les idées sont partagées, mises en commun, et les élèves sont interdépendants à toutes les étapes du travail, dans un mode de coconstruction Cette forme de travail requiert beaucoup d’autonomie et de maturité de la part des élèves.

Ainsi, à moins d’accomplir des tâches simples, les élèves du primaire et du 1er cycle du secondaire travaillent le plus souvent en coopération. Toutefois, l’utilisation d’outils tels que les tableaux blancs pourra favoriser l’apprentissage de la collaboration, puisqu’ils la facilitent et rendent cette forme de travail attrayante, malgré les difficultés qu’elle implique.

 

En quoi le tableau blanc est-il un outil de coopération, ou un moyen de développer la collaboration entre les élèves?

Puisque le travail en collaboration suppose que les élèves s’attellent en même temps à la même tâche, l’enseignant doit leur offrir un espace de travail adéquat. Vue son grand format et les outils qu’il propose, le TBI peut certainement jouer ce rôle. De plus, bon nombre d’applications de tableau blanc en ligne - qui sont pour la plupart gratuites - offrent aux utilisateurs la possibilité de travailler en temps réel sur un même document : une carte, un dessin, un réseau conceptuel, un texte.

 

Imaginons, par exemple, des élèves à qui on a donné la tâche de dessiner le croquis géographique du Vieux-Québec. En petites équipes face à l’ordinateur, ils commencent par chercher dans Internet différentes photos du Vieux-Québec, avec différentes vues. Ils placent les plus pertinentes sur une page d’un tableau blanc. À l’aide des outils de dessins, les élèves analysent ensuite les images, marquent les éléments qu’ils jugent importants. Sur une autre page du document, ils créent la liste de ces éléments. Puis, en se référant aux photos et à leur liste, ils créent leur croquis sur une nouvelle page. À chaque étape de la tâche, c’est un élève différent qui tient la souris ou le crayon.

 

 

La collaboration et l’interactivité
On a souvent reproché aux TBI de n’être interactifs que de nom. Bien entendu, ce ne sont pas les tableaux qui sont interactifs, mais bien les individus qui les utilisent dans le cadre d’approches pédagogiques. La véritable interactivité des TBI prend forme, croyons-nous, lorsqu’ils sont utilisés comme outils de collaboration : plusieurs élèves à la fois, voire une classe entière, collaborent en prenant part à une tâche secondée par le tableau. Ainsi, les TBI peuvent faire partie d’un processus de collaboration en classe à différents moments, par exemple au cours d’une SAÉ ou d’un projet particulier. Ils seront pertinents par exemple :
lors de la réactivation des connaissances antérieures;
pour réaliser une tempête d’idées;
pour faire des mises en commun;
pour créer des nuages de mots;
pour illustrer un problème et tenter de le résoudre collectivement;
pour débattre d’un sujet et identifier les arguments pour et contre;
pour faire une présentation, illustrée par des exemples;
au cours d’activités impliquant l’objectivation ou la métacognition.

Enfin, si les élèves ont accès à des ordinateurs ou des appareils mobiles connectés au réseau lorsqu’il sont en classe, le travail en collaboration peut devenir encore plus conviviale puisque chacun pourra contribuer, de sa place, à un travail affiché au TNI.

 

Modèles d'organisation de la classe  Tableau vs Bureau

Voici quelques modèles d'organisation de la classe afin de varier votre utilisation du TNI/TBI.  Pour enseignants d'histoire seulement! Sous quel(s) régime(s) politique(s) vos élèves vivent-ils?

Comment organiser la collaboration en classe

À partir du moment où un enseignant prend la décision de faire travailler ses élèves en collaboration, il doit s’assurer de fournir à ses groupes un espace de travail efficace et des outils appropriés pour réaliser les tâches. Cet espace doit être évolutif et pouvoir se transformer au besoin. L’enseignant doit surtout s’assurer que ses élèves comprennent bien la nature du travail collaboratif et ce qu’il exige en termes de participation et d’investissement personnel dans la tâche. 

Voici quelques pistes pédagogiques qui devraient favoriser le travail collectif des élèves : 

  • aider les élèves à identifier leurs forces respectives;
  • préciser les rôles de chacun : qui fait quoi, quand et comment;
  • faire profiter le groupe des nouvelles informations qui surgissent;
  • amorcer et encourager les échanges qui facilitent la créativité;
  • donner régulièrement des explications ou des précisions;
  • fournir beaucoup d’exemples;
  • poser des questions ouvertes pour stimuler la réflexion du groupe;
  • partager régulièrement le travail et les idées des autres avec tout le groupe;
  • encourager les élèves et souligner leurs bons coups.

Cela dit, le travail collaboratif fait partie d’une panoplie de moyens pédagogiques diversifiés pouvant être utilisés par les enseignants dans leur classe. Les élèves ont, bien sûr, tout avantage à travailler régulièrement seuls ou en petites équipes avec d’autres logiciels ou d’autres outils technologiques afin de véritablement développer leur compétence TIC. 


[1]Andrew Churches, Bloom’s digital taxonomy 2009

 

Le TBI et l'enseignement explicite

 

Une des principales critiques faites au TBI est qu’il renforce le modèle traditionnel de l’enseignement magistral. La question se pose réellement : Comment faire du TBI un outil d’apprentissage avec lequel les élèves sont actifs? Nous croyons que le TBI peut être, dans une certaine mesure, un outil d’apprentissage s’il est utilisé selon le modèle de l’enseignement explicite. Contrairement à l’enseignement magistral, qui est basé sur la transmission des connaissances, l’enseignement explicite mise sur les stratégies qui favorisent la compréhension de l’élève et plus particulièrement sur l’acquisition de techniques, comme la lecture d’une ligne du temps ou d’une carte par exemple. Nous croyons qu’il s’agit du véritable intérêt de l’utilisation du tableau blanc. Autrement, l’enseignant ne fait qu’une présentation statique et dans ce cas, un projecteur serait suffisant et rappelons-le, moins dispendieux.

 

L’enseignement explicite : Quoi? Pourquoi? Comment? Quand?

Voici les différentes étapes de l’enseignement explicite : modélisation, pratique guidée, pratique autonome et moments d’objectivation. Pour chacune des étapes, nous avons présenté la pertinence de l’utilisation du tableau blanc. La démarche prend évidemment tout son sens lorsqu’elle est réalisée en collaboration et associée à un exemple concret d’enseignement d’une technique que vous pourrez trouvez ici. 

A- Modélisation

La démarche

  • Présenter de façon transparente la stratégie ou la technique en précisant comment la mettre en pratique. Par exemple, “lorsque je consulte une carte, je regarde d’abord le titre. Ensuite, j’identifie les grands axes de l’organisation du territoire : les cours d’eau, les routes, le centre-ville, etc.”
  • Préciser ensuite pourquoi et quand la stratégie est importante : “J’ai besoin de lire une ligne du temps quand je mobilise les opérations intellectuelles suivantes pour situer une réalité sociale dans le temps ou pour mettre en relation des faits”.

Le TBI

  • À cette étape, le TBI permet à l’élève de suivre visuellement toutes les étapes de la technique enseignée.
  • Les fonctions d’annotation permettent de garder des traces de la démarche dans le cas de l’utilisation d’un tébéiciel et de revenir sur une étape au besoin.
  • Faire usage des outils de capture d’écran afin de garder une copie d’une image, d’une carte, d’une ligne du temps, etc.
  • L’enseignant peut alterner entre la présentation en direct de la technique et une page décrivant les étapes de la technique.
  • L’enseignant peut enregistrer sa présentation et l’utiliser au besoin avec ses élèves en pratique guidée ou en travail autonome.

Intégration des technologies

  • Utiliser le logiciel qui vous paraît le plus approprié pour réaliser la tâche. Par exemple, utilisez un tébéiciel si vous désirez écrire au tableau et conserver les notes ou un logiciel de dessin si vous avez besoin d’outils de dessin plus spécialisés. Si l’activité prévue demande que les élèves travaillent en collaboration, choisissez un outil dont les possibilités de collaboration (synchrone, asynchrone) répondent à vos besoins.
  • Employer le même logiciel qui sera utilisé par les élèves en pratique guidée ou autonome.
  • S’assurer d’intégrer des notions d’utilisation du logiciel lors du modelage en présentant ses fonctions principales.

 

B- Pratique guidée et/ou coopérative

La démarche

  • Les élèves réalisent une tâche avec le soutien de l’enseignant et de leurs pairs.
  • L’enseignant rappelle au besoin les étapes de la stratégie, souligne les problèmes rencontrés et demande aux élèves d’expliciter la démarche.
     

Le TBI

L’enseignant peut aborder la pratique guidée de deux manières à l’aide du TBI.

  • Présentation de classe avec un élève
    • Demander à un élève - avec le soutien de la classe - de mettre en pratique la technique enseignée en nommant les étapes.
    • Revenir au besoin à la présentation de l’enseignant qui peut être conservée dans le tébéiciel ou enregistrée.
    • S’assurer que l’élève utilise adéquatement les fonctions du logiciel
  • Présentation en atelier avec 3 ou 4 élèves
    • En atelier, demander à 3-4 élèves de mettre la démarche en pratique en notant les étapes de la technique enseignée.
    • L’enseignant peut à tout moment utiliser le travail réalisé par les élèves au TBI pour apporter des précisions, relever des problèmes, souligner une pratique exemplaire, etc.
    • Au besoin, demander à un élève de présenter de façon explicite une ou plusieurs étapes de la démarche au TBI.
       

Intégration des technologies

  • Apporter des précisions sur l’utilisation du logiciel.
  • Relever une utilisation efficace de la technologie par les élèves.
  • Questionner les élèves sur l’intérêt du logiciel pour l’application de la technique.
  • S’assurer que les élèves tirent avantage de leur utilisation du TBI.

 

C- Pratique autonome

La démarche

Les élèves appliquent la technique en apprentissage de façon autonome au laboratoire.

Le TBI (au laboratoire)

  • Apporter des précisions sur la technique enseignée.
  • Questionner les élèves sur les étapes de la technique, apporter des précisions et relever des pratiques exemplaires.
  • Au besoin, demander à un élève de présenter de façon explicite une ou plusieurs étapes de la démarche au TBI.
  • Accéder à la production d’un élève afin de présenter un exemple et de l’annoter. Certaines applications comme www.lignedutemps.qc.ca, Google Documents, Google Maps, etc. offrent des possibilités de partage.

Intégration des technologies

    • Faire appel aux élèves qui ont travaillé au TBI lors de la pratique guidée en soutien aux autres.
    • Apporter des précisions sur l’utilisation du logiciel.
    • Relever une utilisation efficace de la technologie par les élèves.

    D- Objectivation

    La démarche

    • Revenir sur l’utilisation de la technique par les élèves.
    • Évaluer l’efficacité de la technique.
    • Identifier les difficultés rencontrées par l’élève.
    • Déterminer des moyens d’améliorer sa démarche.
       

    Le TBI

    • Présentation de classe avec un élève
      • Inscrire au tableau les difficultés rencontrées par la classe.
      • Analyser le travail collectif de la classe sur le tableau à l’aide des outils d’annotation.
      • Faire une liste ou replacer en ordre les étapes de la technique utilisée en présentant les fonctions utilisées dans le logiciel.
    • Présentation en atelier avec 3 ou 4 élèves
      • Les élèves qui réalisaient l’activité en atelier au TBI présentent leur réalisation en précisant les étapes de la stratégie en apprentissage et les fonctions employées dans le logiciel.
      • Relever les forces et les faiblesses des élèves en utilisant l’exemple des élèves au tableau.
      • Relever les différentes interprétations des élèves en les comparant à l’aide du mode d’affichage page double.
         

    Intégration des technologies

    • Dans les deux cas, revenir sur les fonctions utilisées dans le logiciel.
    • Se questionner sur le choix technologique, est-ce que le logiciel est approprié?
    • S’assurer d’utiliser un vocabulaire technologique approprié.
    • Si l’occasion se présente, échanger sur la question des droits d’auteur ou l’identité numérique.

     

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    Outils pratiques

    Voici des canevas ouverts conçus pour facilier l'enseignement explicite

    de la démarche de lecture de carte à l'aide du TNI. Téléchargez-le en format Notebook

    et de la démarche d'analyse d'images à l'aide du TNI Téléchargez-le en format Notebook.

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    De l'enseignement à l'apprentissage

    Malgré que l'approche soit avant tout didactique et sur un modèle d'enseignement, l'enseignement explicite vise à rendre l'élève actif et tend donc vers l'apprentissage.  Il est donc important de respecter les différentes étapes afin que l'élève développe ses propres habiletés disciplinaires et technologiques.

     

    Courants pédagogique et TBI
    Une vidéo qui présente la pertinence du TBI en fonction des différents courants pédagogiques
    (Vidéo réalisée par le service des APO de la CSSMI) - Youtube (lien vers la vidéo).

    Évaluer votre utilisation du TBI

     

    Voici un guide pour vous aider à identifier votre niveau d’appropriation du TBI. Nous nous sommes inspirés de la taxonomie de Churches[1] pour hiérarchiser les niveaux d’appropriation. Pour chaque niveau, nous nous sommes questionnés sur les type d’activités possibles, le modèle pédagogique utilisé par l’enseignant, les possibilités de collaboration et enfin le niveau d’appropriation des technologies. Bien que toujours imparfaite, une échelle de progression nous permet d’avoir une représentation générale et hiérarchique des usages possibles d’une technologie en classe. À quel niveau d’appropriation êtes-vous?

    Niveau d’appropriation

    Pratiques observables en univers social

    1- Présenter / Nommer

     

    L’enseignant ou l’élève utilise le TBI pour :

    • présenter un diaporama, un tébéiciel ;
    • présenter un site web, un didactitiel;
    • présenter une production d’élève;
    • nommer, catégoriser, clarifier des éléments de la présentation avec les élèves en annotant des pages de la présentation sans nécessairement les conserver.

     

    Modèle pédagogique

    • Enseignement magistral.
    • Présentation d’élèves.

     

    Collaboration

    • La collaboration est minimale puisque le déroulement est fixé par la présentation.
    • L’enseignant répond à l’occasion à quelques questions.

     

    Utilisation technologique

    • L’enseignant ou l’élève utilise le TBI comme un projecteur et une souris.
    • L’enseignant ou l’élève utilise les outils d’annotation du TBI ou du TB sans toutefois les conserver.

    2- Décrire / Définir

     

     

    L’enseignant ou l’élève utilise le TBI pour :

    • dresser une liste des connaissances antérieures des élèves;
    • réaliser un réseau conceptuel;
    • catégoriser ou associer des éléments notionnels;
    • identifier des événements importants ou réaliser une chronologie;
    • produire une définition d’un concept à l’aide des éléments identifiés préalablement.

     

    Modèle pédagogique

    • Enseignement magistral.
    • Enseignement explicite.
    • Démonstration de l’élève.
    • Travail en atelier et en sous-groupe.

     

    Collaboration

    • L’enseignant et les élèves profitent de l’échange en classe en inscrivant les observations et difficultés au tableau.
    • Les élèves utilisent le tableau lors d’un atelier et présentent le résultat de leur discussion.
    • La contribution de l’ensemble de la classe se limite cependant à venir inscrire ou associer des éléments au tableau.

     

    Utilisation technologique

    • L’enseignant ou l’élève utilise les outils d’annotation du TBI ou du TB et conservent les notes.
    • Au besoin l’utilisateur revient sur les notes prises.

    3- Interpréter / Analyser

     

     

    L’enseignant ou l’élève utilise le TBI pour :

    • interpréter une ligne du temps, une image satellite, à l’aide de différents documents;
    • interpréter un texte ou des documents historiques;
    • schématiser un problème géographique ou historique;
    • faire une démonstration en histoire ou en géographie à l’aide de documents.

     

    Modèle pédagogique

    • Enseignement magistral.
    • Enseignement explicite.
    • Démonstration de l’élève.
    • Travail en atelier et en sous-groupe.

     

    Collaboration

    • L’enseignant et les élèves profitent de l’échange en classe en inscrivant les observations et difficultés au tableau.
    • Au besoin, l’enseignant ou l’élève consulte un site Internet, ajoute un document iconographique, une vidéo et contribue ainsi à relancer les échanges.
    • Les élèves utilisent le tableau lors d’un atelier et présentent le résultat de leur discussion. Cette production comporte différents documents pertinents qui viennent supporter leur interprétation.

     

    Utilisation des TIC

    • L’enseignant ou l’élève utilise les outils d’annotation du TBI ou du TB et conserve les notes.
    • L’enseignant ou l’élève ajoute des documents (images, photographies, vidéo, audio).
    • L’utilisateur revient sur les notes prises au besoin.

    4- Créer /  Collaborer

     

     

     

     

    L’enseignant ou l’élève utilise le TBI pour :

    • échanger et discuter d’une création collective avec des applications réseau comme Google docs, Google maps, www.lignedutemps.qc.ca, Realtimeboard;
    • afficher au besoin une production d’élève au TBI pour apporter une précision, relever des problèmes, souligner une pratique exemplaire, etc.;

     

    Modèle pédagogique

    • Enseignement magistral.
    • Enseignement explicite.
    • Démonstration de l’élève.
    • Travail en atelier et en sous-groupe.

     

    Collaboration

    • L’enseignant et les élèves profitent de l’échange en classe et en réseau en inscrivant les observations et difficultés au tableau.
    • Au besoin, l’enseignant ou l’élève consulte la production d’un autre élève, un site internet, ajoute un document iconographique, une vidéo et contribue ainsi à relancer les échanges.
    • Les élèves utilisent le tableau lors d’un atelier et présentent le résultat de leurs discussions.

     

    Utilisation des TIC

    • L’enseignant ou l’élève utilise les outils d’annotation du TBI ou du TB et conservent leurs notes.
    • L’enseignant ou l’élève ajoute des documents (images, photographies, vidéo, audio).
    • L’utilisateur revient sur les notes prises au besoin.
    • L’utilisateur profite des fonctions de partage d’application comme Google docs par exemple pour travailler en collaboration, revenir sur des productions d’élèves au TBI.

     

    Consulter aussi les phases d’appropriation du TBI élaborée par France Leclerc.


    [1]Andrew Churches, Bloom’s digital taxonomy, 2009