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Un TNI, en acheter un ou pas?

Quels sont les avantages que les élèves et les enseignants en retireront? Quels sont les pièges face auxquels il faudra être vigilants? Cette section du dossier propose nos humbles réponses à ces questions bien légitimes.  Il vaut évaluer les alternatives au TBI/TNI, elles existent!  Vous avez pensé à l'achat de tablettes ou  de portables?  Voici donc les éléments à prendre en considération avant de faire le choix d'un TBI plutôt que l'achat de d'autres outils technologiques.

1- Convergence visuelle et motivation

À ce jour, nous croyons que la plus-value pédagogique du TBI n’est pas clairement démontrée. Il faut reconnaître toutefois que la plupart des études indiquent qu’il s’agit d’un outil de communication qui capte l’attention des élèves et stimule la motivation[1]. On observe aussi une augmentation de la motivation chez les enseignants qui feraient preuve de plus de « créativité didactique » en utilisant de nouvelles pratiques pédagogiques lorsqu’ils ont un TBI en classe[2].

2- Immersion tactile

Comme avec la tablette tactile, nous voilà maintenant libérés du clavier et de la souris.  Combien de fois aurait-il été plus simple d’annoter, dessiner ou écrire à la main sur un ordinateur? Cela dit, l’inverse est aussi vrai: il arrive souvent sur le TBI que nous ayons besoin du clavier. Rien n'est donc parfait.

3- Transparence technologique

Le TBI/TNI attirerait aussi les enseignants non-tic pour qui le tableau offrirait une plus grande «transparence technologique». L’aspect « attrait technologique » est un argument non négligeable considérant que nous œuvrons à favoriser l’utilisation des technologies à l’école.

4- Multimédia et Internet dans la classe

En 2013, ne serait-il pas temps que toutes les classes du Québec aient un ordinateur et  un projecteur avec accès à Internet? L’engouement du TBI/TNI, s’il est peut-être mal fondé, permettra à tous les enseignants d’avoir Internet dans leur classe. Une connexion efficace à Internet est incontournable selon nous pour utiliser le TBI à son plein potentiel, spécialement en univers social. Il serait intéressant de voir si le tableau interactif a une incidence sur le branchement à Internet dans un premier temps et ensuite sur la fréquence de son utilisation en classe.

5- Le tableau blanc et l’enseignant interactif

Le «I» pour «interactif» de TBI est l’objet principal des débats à propos de l’ardoise blanche. Voulant simplement dire au départ que le tableau permet une interaction avec l’ordinateur, l’interactivité a été interprétée (et vendue) par plusieurs au sens d’interaction avec la classe. Il y a effectivement une réelle interaction lorsque l’enseignant échange et construit avec ses élèves. Si cette interaction n’est pas amorcée par l’enseignant, le TBI ne sera rien de plus qu’un rétroprojecteur dispendieux. À ce sujet, consulter notre échelle d’appropriation du TBI en univers social.

6- L’enseignement magistral

Il faut cependant savoir que l’utilisation du TBI favorise le modèle d’enseignement magistral. En effet, celui-ci augmenterait de 5 minutes en classe, tandis que le travail d’équipe serait en baisse de 7 minutes[3]. L’histoire et la géographie étant des disciplines où le temps d’enseignement magistral est déjà très élevé, il faut se questionner si nous voulons véritablement favoriser son augmentation. C’est pour cette raison que nous encourageons une approche basée sur l’enseignement explicite.

7- Activités et situations d’apprentissage signifiantes

Rappelons d’abord que l’interaction n’a rien à voir avec les petites activités de choix de réponses souvent présentes dans les ressources fournies par les fabricants de TBI. Cela dit, nous risquons de tomber rapidement dans le cahier d’exercices plus grand que nature avec la venue prochaine des manuels dit “numériques” réalisés par les maisons d’édition. C’est pour cette raison que nous insistons sur le fait que la classe doit avoir une connexion internet pour permettre à l’enseignant, et à l’élève, de sortir du manuel. C’est pour cette raison aussi que nous avons produit des exemples d’utilisation du tableau blanc en univers social.

8- L’intégration des technologies

En ce qui concerne l’intégration des technologies, il y a un danger que le temps d’utilisation d’outils TIC par l’élève diminue si l’enseignant considère le temps passé au TBI comme étant de l’intégration technologique… Pour que l’élève développe une réelle expertise, il doit utiliser la technologie régulièrement et pas seulement être en contact avec elle. 

9-La formation

Comme c’est le cas depuis les débuts de l’utilisation des technologies à l’école, nous avons l’habitude d’acheter beaucoup de matériel et de réserver peu de ressources pour la formation. De plus, l’utilisation du tableau blanc est perçue (et vendue) comme étant très intuitive... ce n’est pourtant pas le cas. Les enseignants doivent profiter d’une formation techno-pédagogique avec la personne ressource du RÉCIT et les conseillers pédagogiques disciplinaires. Nous vous proposons un modèle de formation suivant :

10 - La réussite?

À plusieurs reprises la question du TBI a été abordée sous l’angle de la réussite, à savoir s’il permet l’amélioration des résultats des élèves. La réponse est simple: NON, fin de l’étude. C’est un ensemble de moyens, d’approches, d’outils pédagogiques utilisés par l’enseignant qui favoriseront  la réussite des élèves, pas le simple fait d’avoir un tableau.  

 

[1]Mônica Macedo-Rouet, “L’utilisation du TBI: formation et étapes à franchir”, Agence des usages TICE, 2010, visité le 21 février 2011

 

 

Commentaires

Développement de l'intelligence ou simple captage de l'attention

Une des tres nombreuses choses connues du monde tech et apparement inconnues des mondes enseignants: http://www.vousnousils.fr/2012/02/28/pas-dordi-a-lecole-pour-les-enfants...

Annoter sans se ruiner...

Je ne comprends toujours pas l'engouement pour l'utilisation du TBI ou du iPad en enseignement... comment un gadget ultra-dispendieux peut-il avoir une quelconque valeur pédagogique supérieure à celle d'un projecteur traditionnel (environs 1000$) couplé à une tablette graphique (environ 200$) ? Lorsqu'il écrit au tableau ou au TBI, l'enseignant perd le contact visuel avec sa classe alors qu'une tablette graphique lui permet de rester face à celle-ci... pour une infime fraction du prix !!

Il faut aussi étudier la question du logiciel qui accompagne le TBI et d'après mon expérience, il s'agit bien souvent d'un vulgaire logiciel de dessin. Pour qu'il y ait réellement une révolution pédagogique grâce à l'utilisation du TBI, il est impératif de voir apparaître des logiciels (de préférence libres) qui innovent du point de vue de l'interface usagerS, c'est-à-dire qui implique réellement la participation des élèves de la classe. Tant que l'enseignant demeure le seul à interagir avec le TBI, la classe reste passive.

D'accord avec "Annoter sans se ruiner..."

D'autant plus que les projecteurs utilisés par les TBI (ultra short throw) offrent une qualité d'image médiocre.

Mieux vaut une tablette graphique ou écran tactile, un bon projecteur et personne devant l'écran pour cacher l'image et créer de l'ombre. On sauve beaucoup de dollars et on a un bien meilleur qualité  d'image tout en utlisant les mêmes logiciels.